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« Portrait de classe » de Tobias WOLFF

Editions PLON /Feux Croisés

19,50 €

L'Enfance de l'Art


Novembre 1960, quelque part en Nouvelle Angleterre. Le pensionnat est sur les charbons ardents: c'est le moment du concours de nouvelles. Un élève va voir couronner son oeuvre, il gagnera cette année-là le droit de passer une journée avec...Hemingway.

Pour le narrateur, un élève de dernière année, c'est l'occasion ou jamais de rencontrer son modèle, d'exprimer son admiration, de tirer du grand homme quelques conseils et une ligne d'horizon pour sa future carrière littéraire. Car être auteur, il n'en doute pas . Comme les autres passionnés de littérature du collège, regroupés par l'animation d'une revue , il y croit dur comme fer , mais...

« Pourquoi étions-nous si nombreux à vouloir devenir écrivain? » regrette -t-il. Il sait combien tous doivent à l'imitation des aînés, et combien l'omerta est respectée au sujet des plagiats, volontaires ou non.Il le sait, mais, stressé à l'idée de rater cette occasion unique, il va plonger dans cette folie tête baissée.

Cette histoire dit qu'il y a loin de l'écriture à l'art littéraire, de l'enfance à l'Art. Il faut que le sang soit encre et coule par une plaie invisible pour que les mots vous appartiennent . Il faut ensuite entretenir le souvenir de la douleur pour en tirer encore les derniers cris. Les parents de Tobias Wolff étaient pauvres. Mettant en jeu sa crédibilité littéraire, il y pariait sa vie.

Le voilà aujourd'hui assez libre de parler du statut de l'artiste en ces termes : « N'étant pas reconnu, il devenait un fantôme, même à ses propres yeux »

Dans une ambiance de « Cercle des Poètes disparus », un bon roman initiatique .


Annie DAVID


REPRODUCTION INTERDITE

ARTICLE PARU DANS LA CHARENTE LIBRE DU SAMEDI 5 MARS 2005