DAGTEKIN



Source de vie.


A la source de son village, un petit kurde découvre les lois du monde. Tout est là, dans ce renfoncement de pierres sèches construit de mains d'hommes , selon un plan immuable : la terrasse où boivent les animaux, le petit bassin réservé aux humains et la cavité de la source, sombre . La conscience de l'enfant naît de cette source qui fait vivre son village, elle croît comme une goutte d'eau qui déclenche sur le bassin des cercles concentriques : de la source vers le monde. De l'antre du monstre arrive la vie, autour de la source les djinns portent tantôt bonheur, tantôt malheur, et les sangsues du bassin des animaux ont tôt fait de vivre de ton sang. Alors il faut savoir, et pour savoir, apprendre. Apprendre à voir, entendre , écouter, écrire. Apprendre à être de la communauté, apprendre à la quitter pour aller dans le vaste monde répandre cette vérité première : nous sommes tous issus de la source. Fils de l'eau, comme le loup et l'agneau, nous tissons autour de nous une cosmogonie où les étoiles, les djinns, les saints, les cailloux, les brins d'herbe, Dieu et le monstre de la source trouvent chacun leur place.

Magnifique langue que celle de Seyhmus Dagtekin, qui écrit directement en Français, langue pure et poétique, simple et prenante. Un bijou à lire et relire, de ce pays qui n'arrive pas à en devenir un, qui doit se résoudre à faire le tampon entre la Turquie, l'Irak et l'Iran. Un pays qui a la finesse de Seyhmus Dagtekin, sa culture, son espoir.


Annie DAVID


«  A la source, la nuit » de Seyhmus DAGTEKIN


Editions Robert Laffont  18 euros





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