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Yves VIOLLIER PHOTO AD

« Elle voulait toucher le ciel » d'Yves Viollier Ed. Robert Laffont 19 €


Viollier, voyons ...Joueur de viole ?



Le soir au clair de lune, lorsque la Hulotte ou chat-huant vient aligner ses boules de déjection dans votre grenier , Viollier s'accompagne des battements de coeurs Charentais en tapant du pied, il accélère la cadence et nous emmène, pauvres de nous, au pays des bons sentiments. Car Yves Viollier, Vendéen, un pied en Charente tout de même et fort apprécié de son éditeur Robert Laffont depuis des lustres pour ses tirages confortables, Viollier est un catho sans complexes. Renée Duval, l'héroïne de son dernier livre, « Elle voulait toucher le ciel » est amoureuse d'une grande maison bourgeoise dominant le village de Tourtras, en Charente, du côté de Marignac. N'est pas châtelain qui veut. Cette demeure va exiger du couple Duval-Villebois de la sueur , du sang et des larmes. Renée a une revanche à prendre sur la vie : elle est fille d'un militaire allemand, et la fin de la guerre l'a envoyée à la DASS, puis chez de braves français qui l'élèveront. A chaque époque ses problèmes, celle de l'après-guerre est trouble. La jalousie mêle sexe et argent, la rancune est un plat qui se rumine longtemps, et c'est en 2004 que Renée aura fini de payer le Logis de Tourtras, avec intérêts prohibitifs.

Cette Charentaise de cinquante-cinq ans est un paquet d'amour et de volonté, et il faut admettre qu'Yves Viollier n'a pas son pareil pour se mettre dans la peau d'une femme. Ben oui, je suis blasée. Il est lent au démarrage, mais dès qu'il a enfilé sa blouse bleue et ses bottes en caoutchouc de paysanne, il est le Mrs Doubtfire de l'écriture. Bon, tout de même, Yves (vous permettez ?), vos scènes d'amour sont soit un peu rares pour un couple normal, soit trop osées pour l'imprimatur... Seriez-vous en train de vous dévergonder, après avoir reçu le Grand Prix Catholique de Littérature pour « L'Orgueil de la Tribu » ? Chouette !


Annie David



REPRODUCTION INTERDITE

Article paru dans la Charente Libre du 30 octobre 2004