Braudeau

«  AMAZONIAQUE »


Aux apprentis-producteurs de films, on met entre les mains un tas de synopsis avec une seule question : bon ou pas bon ?

Les trois-quarts du temps, c'est un mauvais angle d'attaque du sujet  qui envoie le projet au panier . Michel BRAUDEAU est trop fin pour n'avoir pas entrevu le problème. Il se pose la question…au dernier chapitre « Qui parle ? » et y répond par quelques précautions d'usage.

3Retour à MIRANDA » est un bon bouquin,une bonne idée. Si j'étais productrice, je sabrerais deux angles de vue sur trois et  çà donnerait un thriller non dépourvu d'humour. Qu'un ancêtre Charentais à béret basque ait pu inspirer les révolutions sans fin de ce petit pays de la forêt amazonienne convoîté de tous, voilà qui va faire rêver ses descendants…

On trouve de tout à MIRANDA, du rêve artificiel, des espions, la mort et la résurrection… Ce qui est sûr , c'est que rien n'est sûr. MIRANDA est un mirage, un pays sauvage dont le problème est peut-être l'amour. Ou l'apéro, le féroce Floripond aux herbes rares…

Laissez-vous emporter chez les indigènes : c'est un livre efficace , à lire dans un hamac, le soir près de Taillebourg. Si les branches craquent, attention : c'est Léon B. L'invisibilité le protège.

Aux Indiens Charentais, MIRANDA reconnaissante !


Annie DAVID


RETOUR A MIRANDA

de Michel BRAUDEAU, éd. GALLIMARD  21 euros


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Chapsal


Un oursin dans le caviar


Regarde l'indomptable, et attends. Observe autour de lui le manège de la séduction, les tiraillements du pouvoir et attends. Ta puissance, à toi, ce sera le temps, ton amour aura sa revanche. Quand ta rivale aura rejoint le firmament des battantes, quand s'éteindront les dernières flammèches allumées ici et là par l'Infidèle, tu le retrouveras au coin du feu, une couverture sur les pieds, humble.Le lion Servan Shreiber est en veilleuse, ses femmes  - lionnes le gardent , lui et sa descendance. Ce sont de grandes bourgeoises, elles donnent de la griffe avec élégance. Ecrire est leur exutoire, paraître leur credo. Elles ont une éducation sans faille, elles savent souffrir, elles sauront mourir.

En lisant le dernier livre de Madeleine Chapsal, malgré tout ce qui nous sépare, je ne puis empêcher un sourire de tendre connivence de supplanter le sentiment d'agacement qui m'avait envahie aux premières pages. Ben quoi, y'a un oursin dans le caviar ? Oui, Madame Chapsal, c'est la femme courageuse , non dénuée d'humour et de patience qui me plaît . C'est votre force. La journaliste qui découvre que ce métier est une passion, la cheville ouvrière, l'insatiable. Votre culture est grande, mais la vérité n'est pas dans la condescendance, elle est dans votre souffrance de femme et ce que vous en avez fait. L'autodérision vous va si bien. Vous avez conscience que votre couple appartient à l'Histoire, pour vous Chanel égale bleu de travail et caviar égale jambon de Paris. Nous n'avons pas les mêmes valeurs, mais je respecte toute femme qui se bat et vous en êtes une. Il reste tant à faire pour que nos ayatollahs laissent de nouveau une femme devenir patron de presse. Pour que s'installe une nouvelle Françoise Giroud ! Pour la Saint Valentin, offrez une histoire d'amour bourgeois, avec une jolie mariée en couverture. L'écriture est policée, et le sujet brûlant. C'est signé Madeleine Chapsal.


Annie DAVID

" L' homme de ma vie" de Madeleine Chapsal, édit. Fayard, 20 euros