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Indiana Blues “

de Haven Kimmel Ed. Balland 24€



Tout peut arriver.


Elle a parfois des accents à la Guy Carlier ( chroniqueur chez Stéphane Bern), l'Américaine Haven Kimmel. Sa description de la province profonde qui meurt autour de son église occupée par un jeune pasteur est aussi tendre que dure. Peut-être, comme Carlier, exprime-t-elle ainsi son angoisse de la vieillesse et de la mort ?

En tous cas, elle a mal à son Amérique, Miss Haven Kimmel , dont c'est le premier roman. Et elle le dit avec un humour ravageur.

Dans ce pays, tout est possible : père écolo - fils marchand de pesticides, pasteur anticlérical, sectes étonnantes. Dans beaucoup de romans américains, l'ennui , la télé à haute dose, la chaleur, induisent des climats à la limite du surnaturel . La vie devient un mirage. Suis-je mort ? Est-ce que je marche dans la rue ? Et ce chien baveux au bout d'une chaîne sur le trottoir, devant cette maison dont j'ignore le nom des habitants, est-ce Cerbère ? Alice a-t-elle été tuée par son mari ? Qui va s'occuper de ses deux petites filles ?

Etrange relation entre le pasteur Amos - pas fait pour l'écriture de sermons- et l'ex -étudiante Langston à la voix d'hôtesse de l'air et à la logique implacable. Il faut du talent pour débusquer le surnaturel sous la folie ordinaire :"La moitié des gens que tu as invités sont fous, Maman ! Cela ne devrait pas nous empêcher de passer un bon moment !".

Allez, tous au mariage de Langston ! Vous y trouverez, finalement, contre toute attente, beaucoup d'amour.


Annie DAVID

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Article paru dans La Charente Libre