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« Le silence du Ténor » d’Alexandre Najjar Plon 13 €

« Les sirènes de Bagdad » de Yasmina Khadra Julliard 19 €

Un Liban , deux Liban…


Cette rentrée littéraire ne pouvait se passer d’évoquer le Liban, pays si amoureux de la culture française, si ouvert et si courageux… Tel Sisyphe, il se retrouve encore au bas de la Colline, poussant le rocher de religions millénaires ennemies et d’intérêts géopolitiques obscurs. Le Liban débute le dernier roman de Yasmina Khadra « Les sirènes de Bagdad », par quelques pages qui semblent rajoutées en catastrophe, comme crachées. Je ne l’évoquerai pas ici, car j’ai détesté ces premières pages de Khadra sur Beyrouth. Je me trompe sûrement, plus tard je le reprendrai et je comprendrai pourquoi tant de haine pour le Liban dans un roman consacré à l’Irak.

En attendant, je me suis tournée vers la tendresse filiale d’Alexandre Najjar dans « Le silence du Ténor », récit d’une enfance à Beyrouth , justement. Son père avocat brillant et adoré, ferme et doux, soucieux de donner à ses six enfants un cadre strict, une présence réduite mais de qualité ; son père épié dans ses moindres habitudes est terrassé par une crise cardiaque. Contraint à vivre dans un fauteuil roulant, il est privé de la parole qui était son don et son gagne-pain.

Qu’Alexandre Najjar aime son père est une évidence. Rien que pour la beauté de cette lettre qu’il adressa à son père resté à Beyrouth lorsqu’il étudiait à Paris, pour l’humanité, l’intelligence de cette famille éprise de culture qui se resserre autour de son « cèdre », il faut lire ce livre. Le cèdre est le triple emblème de la famille Ajjar : celui de leur jardin, que les bombes épargnent, celui qui survivra grâce à leur amour, le père, et celui qui symbolise le Liban .


Annie DAVID






REPRODUCTION INTERDITE

ARTICLE PARU DANS LA CHARENTE LIBRE DU 9 SEPTEMBRE 2006