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« Auprès de moi toujours »

de Kazuo Ishiguro

Editions des deux terres 22 €



Avez-vous lu Ishiguro ?


« Auprès de moi toujours » de Kazuo Ishiguro, vous ne l’avez pas lu ? Vous devriez. C’est la polémique de l’année. Un chef d’œuvre, selon certains. Un navet selon les autres. Je ne pouvais pas passer à côté, j’ai donc tenté de le lire. Que ne ferais-je pas pour vous ?

Résumons : Kath, ex-élève du pensionnat très spécial de Hailsham, en Angleterre, se remémore ses vertes années en compagnie de Ruth et Tommy, et la lente découverte des secrets de leur origine . Il lui faudra quelques centaines de pages à distiller les rapports entre pensionnaires. Ces chouchoutés paraît-il, qui n’ont pas de parents et attendent le moment de leur sortie sans chercher à s’enfuir. Tout y est pour un parfait manga littéraire : la philosophie de cours de récré, la prétendue innocence, les grands principes d’honneur et d’obéissance… Bien conditionnés, prêts au grand sacrifice…mais ne dévoilons pas ce qui constitue la trame de ce roman. Une trame longue à se révéler. Un style peu enlevé (dû à la traduction ?) Un chef d’œuvre, dites-vous ? Il faut avoir envie de se faire hara-kiri pour que la tristesse infinie de ce psaume à la vie qui fut et ne sera jamais atteigne , à force d’insister , la poésie de la « saudade », et que l’horreur homéopathique dépasse la dose prescrite.

Non, je n’ai pas aimé « Auprès de moi toujours », préférant de loin « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley. Tout roman résonne différemment en chacun de nous selon le stade de notre douleur , donc de notre recherche du bonheur. Le récit du malheur des autres et des malheurs possibles est –il suffisant à notre quête ? Ou vaut-il mieux n’aller que vers le soleil ? Ah, il m’aura tapé sur la tête. Vite, un petit roman souriant et à l’ombre.


Annie DAVID





REPRODUCTION INTERDITE

ARTICLE PARU DANS LA CHARENTE LIBRE DU 17 JUIN 2006