HOME PAGE

Accueil








« La collègue tatouée »

de Margherita Oggero

Ed. Albin Michel

Coll. Carré Jaune 18 €




Forza Torino !


Ne vous fiez pas aux apparences : la ville de Turin n'est pas toute entière dans la géométrie de ses rues reconstruites au cordeau après guerre. Ses femmes de quarante ans qui courent les rues en Toppolino (Fiat 500) ou en 4x4 ne sont pas toutes des ménagères ou des demi-mondaines. Le Corso Francia ne mène pas qu'à Rome si on le prend en sens inverse.

Le cerveau des enseignantes , celui de Camilla l'héroïne du roman de Margherita Oggero en particulier, est divisé en plusieurs parties capables de fonctionner simultanément . Tandis qu'une partie tente de faire la cuisine, la seconde gère une impressionnante culture classique, et la troisième gamberge sur le meurtre mystérieux d'une collègue distinguée et riche porteuse d'un tatouage . Ajoutez un petit faible pour l'enquêteur de police dans un coin et vous aurez une idée du rythme soutenu de la vie de chien qu'elle mène. Du chien, justement, ce roman n'en manque pas, puisqu'il s'ouvre sur une sombre affaire de boulette empoisonnée...

Dans cet hilarant portrait sociologique de la prof de littérature piémontaise, vous retrouverez parfois son homologue française, mais rien ne peut jamais ôter à l'Italie sa singularité. Il y a de la Commedia dell'Arte dans ce polar féminin, une autodérision folle, un regard accablé sur l'enseignement, ses subtilités administratives ou ses vélléités de modernité (on voit la direction établir un plan marketing pour recruter des élèves) Tout est semblable , mais tout est différent. Pour avoir passé quinze ans près de la ville aujourd'hui olympique, je sais qu'elle aussi est volcanique. Elle cache son feu sous la neige. Margherita Oggero nous la restitue avec talent . Suivez le guide !


Annie DAVID