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« Carnets de déroute » de Michel Monnereau Ed. La Table Ronde

16 €




Mon frère de lettres


Mon frère de lettres et de galère existe. Il est Charentais et c'est son premier roman : son journal de parisien cinquantenaire au chômage m'a singulièrement frappée. J'ai accepté en 2003 que paraissent dans la Charente Libre des extraits de lettre relatant ma descente aux enfers de l'été 2002 en région parisienne, dont je fus sauvée par la lecture et quelque miracle que je ne m'expliquerai jamais. Michel Monnereau, lui, a fait de la sienne tout un livre d'une incroyable justesse. Ou c'est une fiction et il faut crier au génie, ou c'est sa vie déguisée en fiction Quoiqu'il en soit, un tel talent d'écriture adossé à une telle souffrance, une telle lucidité ne pourront passer inaperçus. Son héros vit à Paris, la solitude du chômage est un cancer qui le bouffe autant que l'absence de l'amour de sa vie, et ses vaines tentatives de monnayer son expérience de publicitaire de 50 ans se soldent chacune par un pas en avant vers un vide abyssal. Les ASSEDIC, cette perfusion éphémère, les souvenirs des êtres chers, partis en emportant sa douce enfance en Charente, ce paradis perdu , tout dans ce livre est vérité. J'ai retrouvé - en moins dramatique – ma tentative d'adoption d'une SDF, le voyage autour de ma chambre, l'amour des oiseaux, les demandes d'emplois mille fois répétées sans illusion, puis l'acceptation de n'être plus rien, A 50 ans on n'est plus employable et pas encore retraité... Que les nantis me pardonnent , en cette fin de 2005 de trouver beau l'écho d'une détresse livrée avec tant d'impudeur. Michel Monnereau travaille actuellement, et c'est moi qui suis de nouveau aux ASSEDIC. Que « Carnets de déroute » remue les consciences et apporte une bonne année 2006 à son auteur et à vous-mêmes, chers lecteurs.


Annie DAVID























REPRODUCTION INTERDITE

ARTICLE PARU DANS LA CHARENTE LIBRE DU 6 JANVIER 2006