HOME PAGE

Accueil










« Eloge de la lenteur » de Carl Honoré Editions Marabout 12 €






Donner le temps au temps.


Les Charentais, qui savent ce que « douceur de vivre » signifie, commencent à être en butte à certaines critiques . Il ne se passerait rien dans notre belle région. Soleil et bonne chère nous auraient ramollis et habitués à une indolence coupable. Il n'en est rien. Les Charentais sont seulement plus intelligentsque les autres : ils prennent le temps. Ils réfléchissent. Ils s'abandonnent. Ils rêvent. Ils procrastinent parfois, mais toujours à bon escient.

Bon, quand on rentre de Paris après un aller-retour en TGV dans la journée et qu'on cherche à se garer autour du Champ de Mars, on se dit que la guerre du temps ici fait rage, mais ayons confiance. Un journaliste londonien, Carl Honoré, a écrit un « Eloge de la lenteur » qui va fournir des armes aux Charentais qui ne veulent pas perdre leur temps à tenter de le gagner.

Déjà traduit dans 20 langues, cet ouvrage recense tous les aspects néfastes de la dictature de la vitesse sur notre vie. De l'invention de la mesure du temps à son exploitation économique libérale :« Time is money » (le temps, c'est de l'argent) à la philosophie en passant par le « slow food » et le tantrisme , Carl Honoré nous prouve qu'il est temps de se pencher sur notre rapport à la vitesse. Notre difficile rapport à cette valeur boursière qu'il devient hélas, dévorant nos vies, nos amours, notre réflexion, notre inventivité, notre personnalité... Notre mémoire n'a plus le temps d'être sollicitée, nous ne donnons plus à nos racines le temps de nous attacher à cette terre et de lui rendre hommage : elle ne nous donne plus ses ressources naturelles, nous l'exploitons. Stop ! Prenons le temps de lire « Eloge de la lenteur », chers Cagouillards, ce livre est écrit pour nous.


NB: certains ex-taylorisés délocalisés se passeraient bien d'avoir du temps à tuer, ce livre est aussi pour eux.


Annie DAVID



REPRODUCTION INTERDITE

ARTICLE PARU DANS LA CHARENTE LIBRE DU 30 SEPTEMBRE 2005